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Dommages causés par la fumée, travaux de mitigation et effets indirects après un incendie : ce que l’assurance sous-évalue souvent

Dommages causés par la fumée, travaux de mitigation et effets indirects après un incendie : ce que l’assurance sous-évalue souvent

Lorsqu’un incendie survient, beaucoup pensent que le principal dommage est causé par les flammes. En réalité, le feu n’est presque jamais le seul problème. Dans la majorité des sinistres, ce qui commence comme un foyer localisé entraîne des dommages étendus dus à la fumée, à la chaleur, à l’eau, à la mousse d’extinction et aux travaux de mitigation réalisés pour éviter un mal plus important.

Ces dommages combinés — fumée, eau, mousse et démontages — sont ceux qui sont le plus souvent sous-évalués lors de l’expertise initiale, entraînant des indemnisations insuffisantes pour permettre une remise en état correcte du bien.

Dans cet article, nous expliquons comment ces dommages se produisent, pourquoi un simple nettoyage ou une réparation superficielle ne suffit pas et ce que peut faire l’assuré lorsque l’évaluation ne reflète pas l’ampleur réelle du sinistre.

La fumée comme principal facteur de dommage, même si l’incendie est localisé

Dans de nombreux incendies, le départ de feu est limité à une zone précise, comme une cuisine ou une installation électrique. Toutefois, la fumée et les gaz chauds se propagent rapidement dans l’ensemble du logement, affectant des pièces qui n’ont jamais été en contact direct avec les flammes.

La fumée pénètre dans les matériaux poreux, se dépose sur les murs, plafonds et sols, contamine les installations et génère des odeurs persistantes. C’est pourquoi, même lorsque le feu est localisé, les dommages sont souvent généralisés, comme on l’observe fréquemment dans les sinistres incendie dans les logements et locaux professionnels.

Feu, fumée, eau et mousse : lorsque les dommages se cumulent

L’intervention des pompiers implique presque toujours des mesures de mitigation. Ces actions indispensables à l’extinction du feu incluent de grandes quantités d’eau et de mousse qui se propagent dans tout le logement.

Il est fréquent que des sols initialement intacts soient endommagés, que l’eau et la mousse s’infiltrent sous les revêtements et que les matériaux perdent leur adhérence ou leur stabilité.

Ce qui commence comme un incendie localisé finit souvent par affecter l’ensemble du bien. Séparer artificiellement les dommages dus au feu et ceux dus à l’eau conduit généralement à des évaluations erronées, alors qu’ils relèvent d’un même sinistre, comme dans de nombreuses réclamations pour dégâts des eaux consécutives à un incendie.

Sols et carrelages : pourquoi le fait qu’ils ne soient pas décollés ne suffit pas

Après un incendie, l’état des sols et des revêtements céramiques est souvent source de litiges. Il est courant que l’expert considère qu’ils peuvent être conservés car ils ne se sont pas détachés.

Or, l’absence de décollement ne signifie pas que le matériau est en bon état. Un incendie peut provoquer des microfissures dues au choc thermique, une perte d’adhérence causée par l’humidité ou la mousse, des altérations de couleur ou une dégradation interne invisible en surface.

Dans ces situations, une réparation durable et homogène ne peut être garantie, rendant le remplacement complet techniquement nécessaire.

Nettoyage ou remplacement : l’erreur la plus fréquente

Un autre problème courant est la proposition de simples nettoyages lorsque le remplacement est indispensable. Cela concerne notamment les murs et plafonds imprégnés de fumée, les matériaux poreux, les cuisines intégrées et les installations fixes.

Une odeur persistante n’est pas anodine. Elle révèle une contamination en profondeur. Lorsque la fumée a pénétré le matériau, un nettoyage superficiel ne règle pas le problème, il ne fait que le repousser.

Installations électriques affectées par la fumée et la chaleur

La fumée et la chaleur affectent également les installations électriques, même sans contact direct avec les flammes. Dans de nombreux incendies, l’isolant des câbles se dégrade, les boîtes de dérivation sont contaminées et les tableaux électriques subissent des dommages thermiques.

Si l’installation n’est pas inspectée en profondeur, ces dommages sont exclus de l’expertise initiale, malgré le risque réel qu’ils représentent. Cette situation est fréquente dans les dommages électriques après sinistre.

Travaux de mitigation : des dommages nécessaires qui doivent être indemnisés

Les actions visant à éviter un aggravement du sinistre — ouvertures, démontages, découpes, retraits d’éléments ou mesures structurelles temporaires — font partie intégrante du sinistre assuré. Pourtant, elles sont souvent considérées comme des dommages collatéraux, exclus ou sous-évalués.

Les travaux de mitigation ne sont pas optionnels et leurs conséquences doivent être correctement intégrées dans l’indemnisation finale.

Expertises à la baisse dans les sinistres liés à la fumée et à l’incendie

Dans les sinistres complexes comme les incendies, les expertises rapides se concentrent généralement sur les éléments visibles : ce qui est brûlé ou cassé. Les dommages progressifs, les affectations techniques et les besoins réels de remplacement sont souvent négligés.

Lorsque le rapport d’expertise ne reflète pas l’étendue complète des dommages, l’assuré n’est pas tenu de l’accepter. Dans ces situations, il est essentiel de savoir quand faire appel à un expert indépendant.

Cas réel : logement touché par un incendie à Madrid

Un exemple représentatif concerne un logement situé à Madrid, d’environ 65 m² et comprenant trois chambres. L’incendie a pris naissance dans la cuisine et, dans un premier temps, le parquet ne semblait pas affecté.

Cependant, lors de l’intervention des pompiers, la mousse d’extinction s’est propagée dans tout le logement, s’infiltrant sous le revêtement de sol et provoquant des dommages irréversibles. Les carrelages ont été initialement considérés comme récupérables, malgré un choc thermique et une dégradation interne.

Deux assurances sont intervenues : celle du logement et celle de la copropriété. Certains éléments — le patio, les hourdis et la terrasse extérieure — ont été considérés comme privatifs, nécessitant une répartition technique des responsabilités.

Après une analyse complète, les dommages au bâti et au contenu ont été évalués à environ 105 000 €, bien au-delà de l’offre initiale. Ce cas montre comment un incendie localisé peut engendrer des dommages généralisés et comment une expertise superficielle conduit à une indemnisation insuffisante.

Le rôle de la sous-assurance

Dans certains cas, même lorsque les dommages sont correctement identifiés, la sous-assurance réduit encore l’indemnisation. Lorsque le capital assuré ne correspond pas à la valeur réelle du bien, l’assureur peut appliquer la règle proportionnelle.

Il est donc essentiel de comprendre l’impact de la sous-assurance sur les indemnisations et le fonctionnement de la règle proportionnelle.

Que peut faire l’assuré face à une indemnisation insuffisante

Lorsque l’indemnisation ne reflète pas les dommages réels après un incendie, l’assuré peut refuser la première offre, demander une révision de l’expertise, documenter l’évolution des dommages, fournir des rapports techniques et réclamer les postes omis.

Dans comment réclamer correctement des dommages dans les logements et locaux professionnels, nous expliquons ce processus étape par étape.

Conclusion

Lors d’un incendie, les dommages ne se limitent pas aux flammes. La fumée, la chaleur, la mousse, l’eau et les travaux de mitigation affectent souvent l’ensemble du bien.

Lorsque ces dommages ne sont pas analysés avec un véritable critère technique, l’indemnisation est insuffisante. Comprendre ces mécanismes est essentiel pour ne pas accepter des évaluations qui ne permettent pas une remise en état correcte et sécurisée.

Fecha de creación: 2025-08-13

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