Dommages électriques après un sinistre : comment les prouver et les réclamer à l’assurance

Après un incendie, une inondation ou un dégât des eaux, les dommages électriques sont souvent relégués au second plan. Les lumières fonctionnent encore, les prises semblent intactes, et les problèmes apparaissent parfois plusieurs semaines plus tard, lorsque les disjoncteurs déclenchent sans raison apparente.
C’est à ce moment-là que les litiges commencent.
Dans de nombreux dossiers, les assureurs minimisent ou excluent les dommages électriques, invoquant un manque de preuve, un défaut d’entretien ou l’absence de dommages visibles. En réalité, les dommages électriques sont l’un des risques les plus graves et les plus sous-évalués après un sinistre.
Qu’est-ce qu’un dommage électrique ?
Un dommage électrique ne se limite pas à un appareil qui ne fonctionne plus.
Il peut inclure : • la dégradation de l’isolant des câbles • des connexions affectées par la chaleur ou l’humidité • des tableaux électriques exposés à la fumée, à la vapeur ou à la boue • des déclenchements intermittents des dispositifs différentiels • un risque accru de surchauffe ou d’incendie futur
Beaucoup de ces dommages ne sont pas visibles lors d’une inspection superficielle. Si l’installation « fonctionne encore », elle est souvent considérée comme acceptable, même lorsqu’elle n’est plus sûre.
Dommages électriques après un incendie
Après un incendie, même si le feu n’a touché qu’une seule pièce, la chaleur, la fumée et les gaz de combustion peuvent gravement endommager l’installation électrique.
Les câbles étant généralement encastrés, l’isolant peut se dégrader sans signe visible. Se limiter au remplacement des prises ou interrupteurs est souvent insuffisant.
Dans ces situations, la vraie question n’est pas de savoir si l’installation fonctionne, mais si elle peut être maintenue en service en toute sécurité.
L’analyse prend généralement en compte : • l’ancienneté de l’installation • la répartition des circuits • l’existence de lignes séparées • l’impact sur l’arrivée principale ou un circuit secondaire
Cas réel : du remplacement des prises au remplacement du câblage
Dans un sinistre incendie affectant une pièce, l’expertise initiale proposait uniquement le remplacement des prises et boîtiers, considérant que le câblage n’était pas touché.
Après ouverture de quelques boîtes de dérivation, il est apparu que l’isolant des câbles avait été dégradé par la chaleur. Bien que non visible de l’extérieur, le dommage était réel.
La réparation est alors passée : • d’une intervention superficielle • à un remplacement du câblage concerné
L’argument décisif a été la sécurité : conserver ce câblage représentait un risque réel de court-circuit ou de nouvel incendie.
Dommages électriques après dégât des eaux, inondation ou tempête
Après un sinistre lié à l’eau, les dommages électriques sont souvent progressifs.
Même si l’installation fonctionne dans un premier temps, l’humidité, la boue et les résidus peuvent affecter : • les tableaux électriques • les dispositifs de protection • les connexions
Dans ces cas, l’attention se porte principalement sur le tableau électrique, élément le plus sensible.
Les prises et interrupteurs sont également souvent remplacés, car ils s’oxydent facilement après une infiltration d’eau.
Quelles preuves sont généralement suffisantes
Il n’est pas toujours pertinent de réaliser une analyse électrique approfondie. Dans de nombreux cas, le coût d’un audit complet dépasse l’enjeu économique.
Une approche proportionnée est plus efficace.
Les vérifications courantes comprennent : • l’ouverture de boîtes de dérivation dans les zones touchées • l’inspection visuelle de l’isolant • le contrôle du tableau électrique et des protections • l’observation de comportements anormaux (déclenchements)
Ces éléments permettent généralement de démontrer une perte de sécurité et de justifier les réparations nécessaires.
Fecha de creación: 2025-08-21
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